Celui-là, j'ai dû me forcer pour le terminer, avec pas mal de lecture en diagonale. Le procédé m'a rappelé une lecture récente, le roman/récit réel La Croix percée de mon ami Siméon Lerouge : l'auteur se prend d'obsession pour un fragment bien mineur du réel, et sa voix tourne autour de ce sujet très spécifique avec beaucoup, beaucoup de digressions.
Ici, le sujet, c'est une exécution vers la fin de la guerre civile espagnole, celle de Rafael Sánchez Mazas, écrivain et surtout membre fondateur de la Phalange, parti fasciste espagnol qui servira Franco. Le truc, c'est que l'exécution est ratée : Sánchez Mazas parvient à s'enfuir dans la forêt. Un peu plus tard, un mystérieux soldat républicain le débusque mais choisit de ne pas le dénoncer.
Le récit est divisé en trois parties. Dans la première, le narrateur, une version plus ou moins fictive de l'auteur, raconte son enquête au sujet de l'exécution. J'ai trouvé ça longuet, peu dense, et plombé par un narrateur y apparaît franchement antipathique. La seconde partie est plus romanesque : c'est le récit des aventures de Sánchez Mazas avant, pendant et après cette exécution. C'est ce que j'ai préféré, mais même là j'ai trouvé l'écriture molle et peu inspirée. Le contexte politique et idéologique est assez peu exploré, mais au moins ça m'a poussé à aller me renseigner ailleurs. Pour la troisième partie, le narrateur fait venir Roberto Bolaño en invité spécial, et on revient pour l'essentiel à une enquête terriblement peu excitante, à coups de dîners auxquels le narrateur n'a même pas envie d'aller, trop occupé qu'il est à parler en termes peu valorisants de sa copine du moment. Pendant tout ça, l'événement central est raconté et reraconté encore et encore, je n'en pouvais plus. Le sujet est pourtant loin d'être sans intérêt.
Note : ce n'est pas tout à fait clair, mais le processus d'enquête est à priori fictif. L'ennui de la chose ne serait donc même pas excusé par sa réalité.
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