L'origine de ce roman mérite quelques mots. Pour commencer, il y a une nouvelle publiée par Asimov en 1976, The Bicentennial Man. Robert Silverberg en tire en 1992 un roman, The Positronic Man. C'est la même histoire, étendue et développée. La version française existe sous le titre Tout sauf un homme, mais on trouve aussi une édition qui a repris le titre de la nouvelle originelle, L'Homme bicentenaire. Ce titre me semble bien plus adapté.
En effet, c'est de l'histoire d'un robot — le futur bicentenaire — qui cherche à devenir un homme. Dans un contexte très classique, avec les trois lois asimoviennes de la robotique, ce robot développe créativité, affectivité et individualité. Ça fait très peur aux industriels fabricants de robots, qui changent promptement de technologie pour éviter des développements incontrôlés. Ce robot unique en son genre se lance dans une longue quête technique, légale, culturelle et philosophique pour conquérir son humanité.
C'est un roman tout à fait convenable, à travers lequel la force du concept original et le talent de Silverberg sont clairement perceptibles. Il y a une vraie trajectoire tragique, emplie de sensibilité. Mais je me suis pas mal ennuyé, et j'ai beaucoup lu en diagonale. Les longs développements sur les lois de la robotique, les désirs humains du protagoniste robot, la tension entre machine et humanité, etc., ne sont plus guère originaux en 2026, ni développés avec assez de finesse pour avoir traversé le temps sans encombre. Ça m'a semble long. J'avais sûrement bien plus apprécié ce roman quand je l'avais lu pour la première fois, enfant. Je suis devenu difficile.
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