dimanche 30 novembre 2025

Recursion - Blake Crouch

 

Ok, ok, c'est vrai, je suis convaincu, voire impressionné. C'est encore un cran au-dessus de Dark Matter, le précédent roman de Blake Crouch. Écrire des histoires de voyage temporel, c'est particulièrement casse-gueule. J'en suis rarement friand.

Ici, ça passe crème, pour plusieurs raisons :

  • Il y a une semblance de cohérence dans les mécaniques temporelles évoquées. Si on creuse un tant soit peu, aucun doute qu'on trouvera des incohérences et des zones de flou, mais il n'y a pas d'énormités qui brisent l'immersion. D'ailleurs, tout l'aspect mémoriel du voyage temporel me semble assez original.
  • C'est franchement maximaliste. On n'atteint pas les extrêmes du temps et de l'espace parfois explorés par de la véritable hard SF, mais tout de même : la trame s'étend sur des centaines d'années, à travers des dizaines de lignes temporelles, des dizaines de retour dans le passé, des apocalypses à n'en plus savoir que faire...
  • Comme dans Dark Matter, la dimension psychologique est percutante : les protagonistes sont confrontés à leurs extrêmes limites, leur sens de la réalité s'érode, leur esprit est soumis à des explosions mémorielles qui relèvent de l'apocalypse mentale.
  • L'aspect mélodrame est mieux régulé. Certes, l'auteur en fait toujours des tonnes sur à quel point le protagoniste est triste, à quel point il est amoureux, etc. Cependant, il n'y a guère d'overdose de mélodrame : il y a toujours suffisamment de force dans la narration, les retournements de situation incessants, les idées explorées, pour que le roman paraisse équilibré.

Je sais que je pourrais faire le snob et montrer comment tel truc n'est pas logique, telle omission est une facilité narrative, etc. Mais le fait est que j'ai adoré Recursion. Après un début un peu poussif, dès qu'on entre dans le cœur du concept narratif, c'est haletant, surprenant, toujours fluide malgré le chaos temporel, et extrêmement fun. 

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