Un roman qui date déjà de 1986. Il y a du bon, notamment vers le milieu, quand la réalité s'effondre totalement autour du protagoniste. Durant certains passages, hélas bien trop rares, on touche ainsi à du bon fantastique, et une vraie tension émerge, aussi bien purement narrative que, plus largement, existentielle.
Mais pour le reste, que c'est chiant, incroyablement chiant. Le début met une éternité à décoller : une fois qu'on a compris le concept, au bout de quelques pages, tout le reste n'est que tournage en rond : moustache, pas moustache, re-moustache ? Je suis rapidement passé à une lecture en diagonale, me disant, sans y croire, que le roman pourrait retomber sur ses pattes à la fin.
Hélas, le dernier quart est consternant d'ennui, et dépasse en soporifisme tout ce qui précède. Le protagoniste tourne en rond à Hong-Kong, vainement, interminablement, sans l'ombre du moindre intérêt narratif. Et la conclusion, évidemment, n'explique rien : l'auteur, pendant tout le roman, a ainsi pu écrire ce qui lui passait la tête sans avoir à se soucier de cohérence interne ou de dénouement narratif.
Certes, il est très difficile d'écrire du bon fantastique absurde, qui détricote la réalité sans offrir d'explication. Quitte à le faire, ce n'est pas l'écriture d'Emmanuel Carrère qui saura me transporter dans ce genre d'exploration, tant, sur la fin, je ne ressentais pas le besoin de passer plus de quelques secondes par page tant celles-ci me paraissaient vides.
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