Il y a plusieurs explications à cette mollesse de l'OTAN. Déjà, le trumpisme, synonyme de copinage intéressé avec les autocrates et d'un désengagement des USA de l'Europe. De plus, les USA choisissent de concentrer leur attention sur le Pacifique et la Chine, gobant ainsi une distraction organisée stratégiquement par la Chine et le Kremlin. Aussi, l'auteur imagine que l'extrême droite se retrouve au pouvoir en France suite aux prochaines présidentielles. La France fait donc partie des voix qui rejettent l'escalade avec la Russie, officiellement pour éviter la guerre, pour protéger les intérêts des Français, etc. La massue nucléaire, brandie avec calcul par la Russie, contribue à encourager la passivité des états européens. Je dirais aussi que dans les démocraties occidentales, il est tentant pour qui est pouvoir d'éviter un choix aussi risqué politiquement et de simplement laisser les conséquences de ce non-choix aux successeurs.
Une arme majeure de ces forces illibérales, c'est la mauvaise foi. La manipulation simplement par mensonges assumés, répétés et souvent contradictoires. Pas juste en tant que partie intégrante et inévitable de la boite à outil politicienne, mais comme doctrine principale, assumée, choisie, qui parvient avec succès à causer la paralysie politique d'un adversaire militairement supérieur. Dans le récit, cette mauvaise foi est particulièrement déployée à travers la résignation de Poutine au profit d'un jeune successeur qui prétend ouvrir une nouvelle direction pour la Russie, alors qu'il n'est qu'un nouveau masque sur le Poutinisme.
L'auteur conclue en plaçant cette « victoire » de la Russie comme, finalement, une victoire plus discrète mais plus authentique, plus durable, de la Chine, dans la quête de s'imposer comme première force mondiale.



