De la SF purement satirique, et surtout extrêmement médiocre. L'écriture est dénuée de la moindre chair : on peut le plus souvent lire en diagonale sans rien louper d'autre que du blabla insipide et vulgaire. Les personnages, en plus de n'avoir pas la moindre vie intérieure, sont stupides et antipathiques. Le principal ressort humoristique, c'est les blagues de cul. La trame — et c'est généreux d'employer le terme — ne va nulle part : elle n'est qu'un prétexte à une suite de saynètes qui servent un moralisme banal et attendu sur les vilains algorithmes des vilains capitalistes.
L'auteur étale quelques idées déjà vues mille fois avec un manque de subtilité sidérant. Un personnage dit à l'abruti fini qui sert de protagoniste : tu connais les lois d'Asimov ? Non ? Laisse-moi t'expliquer. Tu connais le test de Turing ? Laisse-moi t'expliquer. Le concept de superintelligence, peut-être ? Laisse-moi t'expliquer. Tu sais pourquoi les lettres sont disposées ainsi sur un clavier ? Je vais t'expliquer. Tu veux savoir ce qu'est l'effet de réseau ? Laisse-moi t'expliquer. Tu ne connais pas non plus la loi de Moore ? Gros loser. Je vais t'expliquer.
Je n'exagère pas. Le protagoniste, qui ne comprend rien à rien, est pourtant supposé avoir fait des études en lien avec l'IA.
Je n'avais aucun a priori négatif sur ce bouquin, j'ai même soufflé du nez plusieurs fois au début. La satire n'est guère subtile, mais pourquoi pas. Hélas, on s'aperçoit rapidement que les deux principales qualités de QualityLand sont les suivantes : 1) c'est extrêmement facile à lire, au détriment de tout intérêt littéraire, et 2) ça permet au lecteur de se sentir intelligent et supérieur face aux épais traits satiriques lancés contre la modernité. Le roman est un grand succès commercial.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire